Tout d'abord, voici un lien vers la carte dont il va être question :
http://www.diegocuoghi.it/Piri_Reis/pirireis.jpg
Comme beaucoup, cette carte m'intrigue depuis que je la connais. En effet, si certains éléments semblent familiers (je pense notamment à la partie supérieure droite), d'autres ne cessent de faire débat (particulièrement la partie inférieure).
Rappelons tout d'abord qu'il s'agit probablement d'un fragment d'une carte plus grande : le côté droit ressemble à une déchirure plus ou moins grossière et on y voit du texte coupé (à peu près "au milieu). Le côté supérieur, quant à lui, me fait penser à une partie manquante qui aurait été comme décollée. Les autres côtés (gauche et inférieurs) semblent d'origine car aucune écriture n'est coupée et il lui arrive même de suivre le contour.
Avant de poursuivre, je pose le postulat suivant : les désaccords concernant les interprétations du contenu de cette carte ont pour cause une lecture basée sur une habitude culturelle qui nous est propre.
Commençons par un exercice pratique. Prenez une globe terrestre (googleEarth conseillé) et imaginez que vous preniez l'avion entre deux points situés sur une même latitude (ou très proche) mais à une longitude différente. Personnellement, j'ai pris Lyon et Montréal. Servez-vous ensuite de l'outil Trajet et longez la ligne imaginaire qui suis le tracé de leur latitude commune. A présent, revenez à votre point de départ mais, cette fois-ci, en utilisant l'outil ligne.
On constate tout de suite que les 2 lignes se chevauchent pas mais, en plus, la seconde est plus courte que la première.
Je pense que Piri Reis avait remarqué cette étrangeté géométrique, bien connue de nos jours, et qu'il a essayé d'en tenir compte dans l'élaboration de la carte montrée en préambule. Dans la pratique, cela permet (en l'absence d'un système de calcul de position fiable) de concilier direction à prendre (j'imagine qu'il est plus facile de naviguer droit même en louvoyant) et distance à parcourir. Le revers de la médaille, c'est évidemment que plus une zone géographique est distante, plus elle sera grossie voire déformée (ce qui permet également d'en faire une reproduction plus détaille et mieux commentée).
Si on applique cette méthode, l'ensemble des formes circulaires qu'on voit sur la carte et par lesquels passent tous les traits peut former un axe nord-sud. Qui plus est, avec autant de points de repère, une boussole et un quelques calculs mathématiques, il est possible de s'orienter. Probablement que ce dernier point (les calculs) a été un frein à l'utilisation de cette méthode.
En conclusion, si cette approche n'explique pas les commentaires et autres dessins, je pense qu'elle permet d'envisager sérieusement la partie inférieure de cette carte comme le prolongement du continent sud-américain.
... à moins bien sûr qu'il ait juste suivi le contour du parchemin (ce serait encore plus terriblement pragmatique
Cordialement,