Lorsque j'étais (plus) jeune

je faisais des rêves un peu comme ça, des chutes vertigineuses et infinies, dans des décors souvent hors normes, seul le réveil stoppait cette descente infernale, que curieusement j'aimais beaucoup, la sensation des tripes collées à l'estomac et lui même remonté dans les poumons, c'est ce qu'on retrouve en faisant du saut en parachute,(enfin au début, après on veut sauter de plus en plus haut pour prolonger cet instant)jusqu'à l'ouverture du recto. Une sorte d'ivresse qui est commune à beaucoup de gens mais dont finalement on ne parle pas.
Les rêves prémonitoires sont autre chose ( en ce qui me concerne, mais c'est peut-être différent pour d'autres), rien ne semble extraordinaire lors du rêve, tout semble même plutôt banal, et on réagit de façon normale, par exemple, au mois de décembre 2009, je rêve que j'entre dans une salle de spectacle, en tant que spectateur, et alors que je suis au milieu du public, une femme me montre du doigt, elle crie " C'est lui! C'est lui là!" je sens une angoisse m'envahir, tous les visages me regardent, et un bon nombre de femmes poussent des cris de colère, je veux partir, fuir, mais les gens sont là, partout à me bousculer, me tirer, me pousser et me retenir en tous sens. Je me débat,parviens à fuir in extremis par une porte et me retrouve dans une rue sinistre et sombre, devant un immeuble assorti, sordide. Les murs, la rue, le ciel tout est gris sale, pas de passants, pas de voiture, rien, et derrière la porte de cet immeuble, une femme austère avec un lourd dossier à la main me dit gravement à travers la vitre :" Vous êtes là pour l'audition?" Je hausse les épaules, hébété, la gorge serrée sans savoir quoi dire, elle repart, et je me rend compte que la rue ou je me trouve est cernée de hauts grillages, en fait je ne peux pas sortir d'ici, bloqué. Et par une fenêtre, je vois cette femme, avec d'autres femmes qui acquiescent avec agressivité dans ma direction.
FIN du rêve. (puis réveil subit, défilement du rêve, et les sensations communes a mes prémonitions, puis re dodo).
J'ai aussitôt pensé que c'était lié au spectacle auquel je devais participer (très modestement) trois jours plus tard;
la scène, les spectateurs mécontents, l'audition, tout y était, ça m'a tellement travaillé que j'ai annulé ma prestation, persuadé qu'il ne fallait pas que j'y aille, sans savoir pourquoi dans le fond, mais je me suis dis " Mon gars, va pas tenter le diable, y va t'arriver une merde vendredi si tu y va".Et je n'y suis pas allé.
Mais le samedi matin, vers 10h, le téléphone retentit, je décroche, c'est une amie à moi qui m'appelle en larmes, elle me dit que la police vient de partir de chez elle, elle à perquisitionné son appartement, son mari ayant été arrêté deux jours plus tôt et auditionné pour viol multiples, qu'il a reconnu d'ailleurs.
La nouvelle m'a doublement frappé, un copain que je connais bien qui se fait arrêter pour ce genre d'affaire, déjà, c'est perturbant, mais le rêve est revenu aussitôt, l'audition (devant le juge), les femmes qui accusent (les victimes), la bousculade ( l'interpellation), et les grillages insurmontables qui représentaient la prison. Le fait que tout soit gris sombre reflétait l'esprit glauque de l'affaire, et le malaise ressenti dans le rêve dut être à peu près celui que le copain à ressenti lorsqu'il s'est fait arrêté.
Désolé si c'est un peu long
C'était pour te montrer un peu le genre de choses que je pouvais voir au cours d'un rêve, et surtout de quoi il retournait en réalité.
C'est frustrant de posséder tout un jeu de clés, sans savoir ou se trouvent les serrures.
Mais bon, depuis le temps, je suis habitué à vivre ainsi, alors ça ne me perturbe pas vraiment, et surtout ça ne m'empêche pas de vivre, travailler, m'amuser et savourer l'existence, et ceux qui n'y croient pas, bah, tant pis, je ne vais pas tenter de convaincre, je témoigne mais ne peux l'expliquer, c'est un peu aussi ma démarche en venant à présent noter ici mes rêves, c'est un peu pour pouvoir (peut -être à force de poser mes rêves avant qu'ils ne se réalisent ) faire comprendre aux plus hostiles que c'est une réalité.
des chercheurs qui cherchent, on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche!