Légendes du Québec (et du Canada)

Venez discuter ici des vidéos du site et de celles que vous avez trouvé sur le net concernant les mystères et les légendes.

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Légendes du Québec (et du Canada)

Messagede Lily-Rose » Lun 22 Nov 2010 20:23

Le Québec aussi a son lot de légendes... Cela fait parti de nous! Elles ont souvent un rapport avec la religion... le diable :evil: étant souvent cité. Les pactes qu'il fait avec les Hommes...
Oui, les légendes font parti de notre folklore! On les racontait autour d'un feu, dans les soirées et aujourd'hui, on en fait même des chansons. Laissez-moi vous en présenter quelques-unes.


LE DIABLE DANSE À ST-AMBROISE

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La danse, autour du début du XXe siècle, était défendue. Les curés en parlaient pendant l'homélie: c'était mal! Bien sûr, on blâmait les joueurs de violon qui faisaient danser les gens réunis dans les maisons... Ils dansaient toute la nuit!

Or, il y avait une salle de danse à Saint-Ambroise. Et évidemment, la danse n'était pas permise là, comme n'importe où ailleurs. Un bon samedi, vers neuf heures du soir, arrive un gars avec un beau cheval noir, bien attelé à une voiture. Il attache son cheval devant la porte. Puis, il entre dans la salle, vêtu de façon très élégante. Un garçon extrêmement beau qui fait retourner toutes les têtes.

L'homme choisit une demoiselle et l'invita à danser. Il portait des gants, mais il ne voulait pas les enlever; pas plus qu'il ne voulait enlever son élégant manteau et son chapeau de castor. À un moment donné, au beau milieu de la danse, la jeune fille le laisse là et va rejoindre son groupe d'amis. Quand il voit ça, le gars va demander une autre fille pour danser. L’autre fille refuse, l'homme la rendait mal à l'aise, elle trouvait que c’était un gars étrange.

Alors, l'individu partit comme un diable en furie. Mais avant de s’en aller, ouvrant la porte, il allongea son bras, puis il estampa ses cinq doigts sur le cadre de la porte. C’était imprimé en rouge, rouge comme du beau sang. Les danseurs et les musiciens étaient bien découragés de voir ça ! Ils sont donc tous sortis dehors pour aller voir ce gars-là, et où il était allé. Le gars avait disparu. Ils ne voyaient plus ni son cheval, ni sa voiture.


LA CHASSE-GALERIE

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A la veille du jour de l’an 1858, en pleine forêt, dans les chantiers au nord de Gatineau, l’hiver était rude. La neige atteignait déjà la hauteur du toit de la cabane à bûcherons. Selon la coutume, il y avait eu la distribution d’un petit baril de rhum parmi les hommes du chantier et le cuisinier avait terminé de bonne heure les préparatifs du fricot de pattes pour le repas du lendemain. La mélasse mijotait, parfaite pour une partie de tire sur la neige qui devait normalement terminer la soirée. Les bûcherons avaient bourré leur pipe de leur bon tabac canadien et, devant un feu pétillant de pin résineux, rêvaient de pouvoir s’évader en ville pour fêter. « Si les petits ruisseaux font les grandes rivières, les petits verres finissent par vider les grosses cruches », comme ils disaient en ce temps-là.


Ils buvaient sec et il n’était pas rare de voir finir les fêtes par des coups de poings et des tirages de tignasse. Sur le coup de onze heures, quelques-uns se retirèrent pour un somme. Prêts à sauter le quart de lard au coup de minuit avant d’aller chanter la guignolée et de souhaiter la bonne année aux hommes du chantier voisin. Baptiste Durant réveilla donc Joe le cook sur le coup de minuit annonçant que les autres hommes étaient déjà parti faire leur tournée. « Je m’en vais à Lavaltrie voir ma blonde. Veux-tu venir avec moi ? » lui demanda-t-il. Joe réalisa qu’il lui proposait de courir la chasse-galerie et de risquer son salut éternel pour le plaisir d’aller embrasser sa blonde au village qui était à plus de cent lieues du camp de bûcheron. Joe, un peu ivrogne et débauché, n’ayant pas peur de rien, hésitait cependant.

Baptiste avait des arguments convaincants et le rassura des dangers. Ce qu’ils devaient éviter à tout prix était de prononcer le nom du bon Dieu pendant le trajet et de ne pas s’accrocher aux croix des clochers en voyageant. Baptiste était un habitué des voyages en canot d’écorce au-dessus de la forêt.« Pense à la petite Liza Guimbette et au plaisir de l’embrasser. Nous sommes déjà sept pour faire le voyage mais il faut être deux, quatre, six ou huit et tu seras le huitième ». Joe finit par céder. Les hommes étaient déjà dans le canot, l’aviron à la main. Le grand canot était sur la neige dans une clairière et avant d’avoir eu le temps de réfléchir, Joe était déjà assis dans le devant, l’aviron pendant sur le platbord, attendant le signal du départ. Le canot s’est élevé dans les airs à une hauteur de cinq ou six cent pieds. Aux premiers coups d’aviron, le canot s’est élancé dans les airs comme une flèche.

Le diable les emportait sur son dos. Ils filaient plus vite que le vent. Pendant un quart d’heure, environ, ils ont navigué au-dessus de la forêt sans apercevoir autre chose que les bouquets des grands pins noirs. Il faisait une nuit superbe et la lune, dans son plein, illuminait le firmament comme un beau soleil de midi, mais il faisait un froid du tonnerre et leurs moustaches couvertes de givre faisaient drôles à voir puisqu’ils étaient tous en nage sous leur capot de poils. Ils aperçurent bientôt une éclaircie, c’était Gatineau dont la surface glacée et polie étincelait au-dessous d’eux comme un immense miroir.

Ils filaient comme des diables passant par-dessus les villages, les forêts, les rivières. C’est Baptiste le possédé qui gouvernait car il connaissait bien la route. « Nous allons raser Montréal et nous allons effrayer les coureux qui sont encore dehors à c’te heure cite ». Bien chantant, les bûcherons entonnaient à tue-tête une chanson de circonstance. A deux heures du matin, ayant dépassé les faubourgs de Montréal, ils prirent la route de Lavaltrie qui dominaient le vert sommet des grands pins du domaine. Ils allèrent chez Batissette Augé, certains d’y rencontrer leurs blondes. Baptiste les mit cependant en garde sur le danger qu’il y avait de prononcer certaines paroles et de prendre un coup de trop, car il fallait reprendre la route du chantier et y arriver avant six heures du matin, sans quoi ils étaient tous damnés. Reçus à bras-ouverts par les invités, les bûcherons dansèrent et chantèrent toute le restant de la nuit, mais Baptiste Durand avait bu un coup et c’était lui qui devait gouverner le retour. La lune était disparue et il ne faisait plus aussi clair qu’auparavant et ce n’est pas sans crainte que les autres bûcherons s’embarquèrent dans leur canot d’écorce.

Il était fort évident que le pilote n’avait plus la main aussi sûre, car le canot décrivait des zigzags inquiétants dans le ciel. Le canot manqua de peu une grande croix. « Mon vieux, tu vas nous envoyer chez le diable si tu ne gouvernes pas mieux que ça! » Les hommes hurlèrent contre Baptiste qui ne voulait rien entendre. Voilà que Baptiste s’emporte. Il veut redescendre à Gatineau pour prendre un verre. Les hommes essaient de le raisonner. Ils n’avaient plus qu’une heure pour se rendre au chantier. Ils bâillonnèrent donc Baptiste Durand pour l’empêcher de sacrer et le ligotèrent au fond du canot. Joe prit les commandes. Et ils repartirent au nord en direction du chantier. Ils en étaient seulement à quelques lieues quand cet animal de Baptiste qui se détortille de la corde avec laquelle les bûcherons l’avaient ficelé se libère, arrache son bâillon et lâche un sacre qui les fit frémir jusqu’à la pointe des cheveux. Impossible de lutter contre lui dans le canot sans courir le risque de tomber d’une hauteur de deux ou trois cent pieds, et l’animal gesticulant comme un perdu les menaçait maintenant de son aviron. Dans la cohue, le canot heurta la tête d’un gros pin et les voilà précipités en bas, dégringolant de branche en branche comme des perdrix que l’on tue dans les épinettes.

Vers huit heures du matin, alors que les hommes reviennent à eux, fatigués, meurtris, ils sont surpris de se constater qu’ils sont dans leurs lits avec des yeux au beurre noir et des déchirures aux mains et à la figure. Enfin, le principal, c’était que le diable ne les avait pas tous emportés et qu’ils se sont empressés de démentir leur aventure. Pour les autres bûcherons des chantiers voisins, l’histoire racontée était qu’ils furent retrouvés tous saouls comme des givres, en train de cuver leur rhum dans un banc de neige des environs.


LA CORRIVEAU

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Marie-Josephte Corriveau était la fille de Joseph Corriveau et de Françoise Bolduc, de Saint-Vallier de Bellechasse. Joseph et Françoise eurent neuf enfants, dont Marie-Josephte «La Corriveau» qui naquit le 14 mai 1733.
À seize ans, Marie-Josephte épousa Charles Bouchard qui était alors agée de 23 ans et était cultivateur. Pendant les onze années qu'ils vécurent ensemble, ils eurent trois enfants.
Puis, Charles mourut de façon soudaine sans que personne ne puisse en expliquer vraiment la cause. Cette mort étrange et inopinée fit courir bien des rumeurs. On racontait que Marie-Josephte, fort jalouse, s'était débarassée d'un mari un peu trop libertin à son goût, en lui versant du plomb fondu et bouillant dans une oreille alors qu'il dormait. Cependant, on ne put jamais rien prouver et Marie-Josephte épousa après quinze mois de veuvage, Louis Dodier.
Quelques mois plus tard, Louis mourait à son tour. On le trouva au petit matin, dans un enclos à chevaux, la tête écrasée. Cette fois, la justice fit enquête. «La Corriveau», jouant d'astuces et de perfidie, fit tant et si bien qu'elle convainquit son père, Joseph Corriveau, de s'avouer coupable du meurtre de Louis. Un premier procès eut lieu au couvent des Ursulines à Québec. Un tribunal militaire formé de douze officiers anglais condamna à mort Joseph Corriveau. Ce même tribunal condamna aussi Marie-Josephte à 60 coups de fouet sur un dos nu et on devait aussi la marquer d'un M (pour meurtrière) au fer rouge, à la main gauche. Elle était accusée de complicité.
Ces sentences ne furent jamais exécutées. Le pauvre Joseph affirma à un père Jésuite son innocence et désigna sa fille comme seule responsable du meurtre de son mari. Quelques jours plus tard, la Cour s'étant à nouveau consultée, entendit les aveux de Marie-Josephte s'avouant coupable d'avoir tué son mari de plusieurs coups de hache durant son sommeil, de l'avoir traîné à l'écurie pour tenter de faire croire qu'un cheval lui avait écrasé la tête. Cette fois le verdict tomba et la sentence disait:
«Marie-Josephte Corriveau sera mise à mort pour ce crime et son corps sera suspendu dans les chaînes, à l'endroit que le gouverneur croira devoir désigner.»

L'exécution eut lieu sur les Buttes-à-Nepveu, près des Plaines d'Abraham. Son cadavre fut mis dans une cage de fer accrochée à un poteau, à un carrefour de Lévis. On décrocha la cage seulement en mai après des demandes répétées des habitants de Lévis qui disaient entendre des plaintes, des grincements des crochets de fer de la cage et d'autres bruits nocturnes venant du carrefour.
La cage fut très probablement enterrée dans le cimetière derrière l'église du village puisqu'en 1840, lors de l'agrandissement du cimetière, on retrouva la cage avec quelques ossements. Elle fut vendue à l'impresario Barnum, de New York, qui l'exposa comme curiosité pendant plusieurs années.





Je viendrai en rajouter plus tard! Les Québécois: ne vous gênez pas pour remplir ce topic!
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Re: Contes et Légendes du Québec

Messagede Stés » Lun 22 Nov 2010 21:37

Excellente idée de regrouper des légendes québécoise sous un même topic. Et c'est un départ en force.

Le diable danse à St-Ambroise est une "danse du diable" parmi tant d'autre car je crois que chaque village du Québec à son histoire d'un mystérieux danseurs venant perturber la soirée de la jolie fille de la place!

La chasse galerie est de loin ma préféré, elle a un côté poétique qui reflète bien nos tradition, c'est toujours agréable de l'entendre ou de la lire.

Celle de la corriveau, plus macabre, gagne à être connu.

Je ne manquerai pas de venir agrémenté ce topic, si tu le permet, d'autres légende car j'en connais plusieurs très intéressante.
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Re: Contes et Légendes du Québec

Messagede Stés » Lun 22 Nov 2010 21:43

Comme Lily-Rose l'a dit au début du Topic, beaucoup de légende québecoise ont comme acteur principale le diable et il laisse toujours sont empreintes, qui serait encore visible aujourd'hui au différent endroit où il aurait passé! Réalité ou légende?

Voici une autre légende de Danse avec le vilain:

La légende de l’Île-du-Diable du lac Roxton


Connue de tous les citoyens de Roxton Pond et des environs, l’Île-du-Diable est située sur le lac Roxton, dans les Cantons-de-l’Est.

De nos jours, pour la majorité des gens, l’endroit est étroitement lié aux célèbres feux d’artifice de la super fête de la Saint-Jean qui s’y sont déroulés pendant plusieurs années. Il y a longtemps toutefois, alors que le lac n’était encore qu’un gros étang, une triste histoire, qui immortalisa l’endroit, se serait déroulée, dans les années 1870, plusieurs décennies avant l’usine Stanley ne procède, au début du 20ieme siècle, à la construction d’un barrage sur les lieux pour transformer l’étang (d’où le « Pond ») de Roxton Pond en un véritable lac.

À cette époque, les jeunes filles et les jeunes hommes, n’ayant pas beaucoup d’activités autres que de travailler très dur sur les fermes environnantes, organisaient, pour ce délasser le samedi soir, des bals à l’huile autour du lac.

Accompagnés par un violoniste, une vingtaine de jeunes des alentours s’y réunissaient pour danser. Au sein de ce groupe, la belle Antoinette aimait bien faire tourner les têtes des messieurs. Un de ces fameux samedis, au début d’août, un bel inconnu d’à peu près 25 ans s’est joint à la fête. Belle taille, figure souriante, moustaches relevées en crocs, l’homme avait tout pour ensorceler les plus récalcitrantes. Alors que tous se demandaient d’où venais et qui était le bel inconnu, Antoinette disparût avec lui.

Et, soudain, il y eut un bruit assourdissant ressemblant à un coup de foudre. Au même instant, on vit fulgurer dans les ténèbres une lueur rougeâtre qui semblait tout droit sortir du rocher de l’autre côté du lac sur l’île et qui s’éteignit aussitôt. Cette lueur fut suivie d’un long cri de stupeur et de détresse. Peu de temps après, on retrouva la belle Antoinette inanimée et on découvrir deux traces de pieds dans le rocher. Il s’agissait des empreintes du diable.

Ainsi naquirent la légende de l’Île-du-Diable et le nom de cette petite île.
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Re: Contes et Légendes du Québec

Messagede Lily-Rose » Lun 22 Nov 2010 21:54

merci de ta participation Stés!

ça me rappelle une autre histoire de traces de sabot sur un toit enneigé lors d'une soirée dansante, mais je ne me souviens plus de toute la légende... Ça te dit quelque chose?
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Re: Contes et Légendes du Québec

Messagede Stés » Lun 22 Nov 2010 21:58

Une de mes préférée... ;)


La légende du Rocher Percé



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Blanche de Beaumont vivait en Normandie, dans un vieux château. C’était une belle jeune fille âgée d’à peine seize ans. Elle était fiancée au chevalier Raymond de Nérac dont elle était très amoureuse.

Sur les ordres du roi, le chevalier de Nérac dut se rendre en Nouvelle-France pour combattre les féroces Iroquois. Adieu la douce vie en France, les plaisirs de la cour et la belle et adorable fiancée de Normandie.

Une fois en Nouvelle-France, le chevalier de Nérac n’eut pas la vie facile. Il dut combattre les Iroquois et affronter nos durs hivers tout en commandant des hommes qui n’étaient guère obéissants. Il se rongeait d’ennui et d’amour pour sa fiancée qui le hantait.

Pendant ce temps, Blanche de Beaumont se morfondait également dans l’attente de son bien-aimé. Elle prit un jour la décision d’aller rejoindre son fiancé en Nouvelle-France et de l’épouser. Blanche de Beaumont s’embarqua donc pour la Nouvelle-France avec son frère que le roi avait prié de faire du service dans sa colonie.

À la mi-octobre, le navire arriva à la hauteur des côtes de Terre-Neuve. Soudain la vigie annonça un navire à bâbord, et on eut tôt fait de reconnaître un vaisseau pirate. Le capitaine ordonna à tous les hommes de se munir de leurs armes et assigna à chacun d’eux un poste en attente de l’abordage.

Ce fut l’horreur! Les Français offrirent une résistance farouche mais les pirates, plus nombreux et mieux armés s’emparèrent du navire et de son contenu. Ils firent plusieurs prisonniers dont Blanche de Beaumont qu’on enferma dans une cabine.

Quand le capitaine des pirates aperçut la jeune fille, il décida qu’elle devait lui appartenir. Mais au lieu de la violenter, comme c’était souvent son habitude, il voulut en faire sa femme, la patronne du navire et la mère de ses enfants. Les enfants qu’il aurait seraient de sang noble.

Mais c’était sans compter la détermination de Blanche de Beaumont.

Celle-ci, accepta la proposition du capitaine, mais au moment de la célébration, alors qu’on s’y attendait le moins, elle se retourna, se mit à courir et se jeta à l’eau avant que personne n’ait pu intervenir. Elle disparut dans les profondeurs de la mer.

Par la suite, le navire glissa dans un épais brouillard. Le lendemain, lorsque le soleil eut réussi à dissiper cette brume, l’équipage aperçut une masse énorme: c’était le Rocher Percé. Cet imposant rocher, semblant flotter près du rivage comme un navire ancré, dégageait une menace mystérieuse et impitoyable. Les pirates, figés de terreur, distinguèrent à son sommet une espèce d’apparition voilée dans laquelle ils crurent reconnaître Blanche de Beaumont. Puis brusquement, cette apparition abaissa ses mains vers le vaisseau dans un geste de malédiction et ce dernier, avec tous ses occupants, fut changé en un rocher dont on retrouve encore des vestiges aujourd’hui.

Quant au chevalier de Nérac, il périt peu après aux mains des Iroquois.

Il paraît qu’à certains moments, lorsque le Rocher Percé est enveloppé de brouillard, on croit parfois entrevoir Blanche de Beaumont à la recherche de son amour perdu…
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Re: Contes et Légendes du Québec

Messagede Stés » Lun 22 Nov 2010 22:00

Lily-Rose a écrit:merci de ta participation Stés!

ça me rappelle une autre histoire de traces de sabot sur un toit enneigé lors d'une soirée dansante, mais je ne me souviens plus de toute la légende... Ça te dit quelque chose?


Je vais la trouver t'inquiète! Ce dont je me souviens de la légende dont tu parle c'est une histoire d'une dispute entre deux cueilleuse de bleuet je crois ou un truc du genre, une ayant fait un pacte avec le diable par jalousie et les marque serait visible sur un rocher dans le coin de la beauce...

Plus de détail à venir
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Re: Contes et Légendes du Québec

Messagede Lily-Rose » Lun 22 Nov 2010 22:03

La griffe du diable

C'était l'époque où les femmes, souvent recluses à la maison à cause de leur progéniture nombreuse, avaient peu de divertissements. Le passe-temps préféré était souvent les chicanes de voisins. Comme il n'y avait pas de télévision, pas de radio, c'était désennuyant de se chicaner un peu. Ce n'était pas méchant, mais les gens avaient tendance à se tirailler pour toutes sortes de raisons, ce qui a entraîné bien des procès pour des piquets de clôture.
Et madame Therrien comme madame Comeau (noms fictifs) respectaient bien la tradition...

Un dimanche matin, alors que le reste de la famille était partie à la messe, madame Comeau décida d'aller cueillir des bleuets. Dans cette région, les bleuets poussent en abondance et n'ont rien à envier à ceux du Lac Saint-Jean. Elle amena avec elle son bébé de quelques mois qu'elle attacha solidement sur son dos, puis traversa la clôture où les bleuets semblaient plus gros et plus abondants.

Madame Therrien, qui la vit venir, sortit aussitôt et l'invectiva haut et fort:
- Que fais-tu là ?
- Je suis venue cueillir des bleuets.
- Mais ils ne sont pas à toi ces bleuets-là !
- Ils sont à moi autant qu'à toi ce sont des bleuets sauvages. C'est le Créateur qui les a mis là.
- Aie ! C'est du vol ça ! Tu es une maudite voleuse !
Elles commencent à se crier des noms . Puis madame Comeau de clore la discussion en criant:
- Va donc chez le diable !

Apparut alors une créature immonde, aui n'était ni homme, ni bête.
- Vous m'avez appelée Mesdames ?

Les deux dames restaient pétrifiées. Puis, après de longues minutes, madame Comeau réagit enfin et dit à sa voisine.
- Vite, viens-t'en ici! Accrochons-nous à mon bébé. Il est pur, lui, et le diable n'a aucune emprise sur lui. C'est le seul moyen de nous sauver !
Elles ont toutes les deux enserré le bébé dans leurs bras. Comme le diable ne pouvait plus rien faire, il est devenu enragé. Il s'est mis à maugréer, à gesticuler et à griffer le rocher. Et il y a laissé des traces. Ces mêmes traces qui sont encore visibles aujourd'hui.

Madame Comeau et madame Therrien se sont réconciliées. Elles ont raconté à tout le monde comment elles avaient vaincu le diable. Une grande fête fut organisée où l'on composa un «reel» qu'on nomma: «Le reel du diable en maudit d'avoir manqué son coup.»

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Re: Contes et Légendes du Québec

Messagede Lily-Rose » Lun 22 Nov 2010 22:07

Le pont de Québec

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Le 29 août 1907, une partie importante du pont en construction s'écroula, tuant d'un coup plus de 75 ouvriers et en blessant plusieurs autres. Le 20 juillet 1916, un autre accident eut lieu. On parle alors de 13 morts. Il semble bien que la construction de ce fameux pont était victime d'un certain maléfice. On décida quand même de poursuivre les travaux car un pont à Québec était nécessaire au transport ferroviaire et au développement de la région.

À la reprise des travaux, un ingénieur se présenta au contremaître pour lui proposer ses services. Il promettait un travail sans aucune catastrophe, mais à certaines conditions: celui-ci devait entre autres choses, lui promettre que l'âme de la première personne à traverser le pont lui soit remise.

Ébranlé par tout ce qui venait d'arriver, et sans réfléchir, le contremaître accepta.

Les travaux reprirent enfin et tout se passa bien jusqu'au jour de l'inauguration.

Au moment où l'on s'apprêtait à traverser le pont, le contremaître aperçut le fameux ingénieur et lui trouva un air diabolique. Il se rappela alors sa promesse de lui offrir l'âme de la première personne à traverser le pont. Réalisant avec horreur qu'il avait agi sans réfléchir et avant qu'il ne soit trop tard il empoigna un gros chat noir qui se serait malencontreusement trouvé, au mauvais endroit au mauvais moment sur le pont et le lança sur le faux ingénieur. Tous les deux, l'ingénieur et le chat noir, disparurent. On ne retrouva qu'un petit tas de poils ensanglantés.


Si vous vous rendez à Québec un jour, et que vous souhaitiez traverser le fleuve, il vaudrait peut-être mieux emprunter le pont Pierre-Laporte car il paraît que le diable attend toujours de se venger....
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Messagede Lily-Rose » Lun 22 Nov 2010 22:14

Rose Latulipe


Rose était la fille unique d'un dénommé Latulipe. Celui-ci l'adorait, il tenait à elle comme à la prunelle de ses yeux. Et, il va sans dire, Latulipe ne pouvait rien refuser à sa fille.
Rose était une jolie brunette, mais un peu éventée . Elle avait un amoureux nommé Gabriel, à qui elle était fiancée depuis peu. On avait fixé le mariage à Pâques. Rose aimait beaucoup les divertissements, si bien qu'un jour de Mardi gras, elle demanda à son père d'organiser une soirée de danse. Celui-ci accepta, bien sûr, mais il fit promettre à Rose que tous les invités seraient partis à minuit car ce serait alors le Mercredi des Cendres. Il pouvait être onze heures du soir, lorsque tout à coup, au milieu d'un cotillon, on frappa à la porte. C'était un monsieur vêtu d'un superbe capot de chat sauvage. Il demanda au maître de la maison la permission de se divertir un peu.

-C'est trop d'honneur nous faire, avait dit Latulipe, dégrayez-vous , s'il vous plaît, nous allons faire dételer votre cheval.
On lui offrit de l'eau-de-vie. L'inconnu n'eut pas l'air d'apprécier la boisson offerte. Il fit une grimace en l'avalant; car Latulipe, ayant manqué de bouteilles, avait vidé l'eau bénite de celle qu'il tenait à la main, et l'avait remplie d'alcool.

C'était un bel homme que cet étranger mais il avait quelque chose de sournois dans les yeux.
Il invita la belle Rose à danser et ne l'abandonna pas de la soirée. Rose se laissa subjuguer par cet élégant jeune homme habillé de velours noir. Elle était la reine du bal.

Quant au pauvre Gabriel, renfrogné dans un coin, ne paraissait pas manger son avoine de trop bon appétit.

Une vieille tante, assise dans sa berceuse, observait la scène en disant son chapelet. À un certain moment, elle fit signe à Rose qu'elle voulait lui parler.

-Écoute, ma fille, lui dit-elle; je n'aime pas beaucoup ce monsieur, sois prudente. Quand il me regarde avec mon chapelet, ses yeux semblent lancer des éclairs.

-Allons, ma tante, dit Rose, continuez votre chapelet, et laissez les gens du monde s'amuser.

Minuit sonna. On oublia le Mercredi des Cendres.

-Encore une petite danse, dit l'étranger.

-Belle Rose, vous êtes si jolie, je vous veux. Soyez à moi pour toujours?

-Eh bien! oui, répondit-elle, un peu étourdiment.

-Donnez-moi votre main, dit-il, comme sceau de votre promesse.

Quand Rose lui présenta sa main, elle la retira aussitôt en poussant un petit cri, car elle s'était senti piquer; elle devint très pâle et dut abandonner la danse.

Mais l'étranger, continuait ses galanteries auprès de la belle. Il lui offrit même un superbe collier en perles et en or: «Ôtez votre collier de verre, belle rose, et acceptez, pour l'amour de moi, ce collier de vraies perles.» Or, à ce collier de verre pendait une petite croix, et la pauvre fille refusait de l'ôter.

Pendant ce temps, deux jeunes gens qui étaient allés s'occuper du cheval de l'étranger avaient remarqué de bien étranges phénomènes. Le bel étalon noir était certes, une bien belle bête mais pourquoi dégageait-il cette chaleur insupportable? Toute la neige sous ses sabots avait fondu. Ils rentrèrent donc et, discrètement, firent part à Latulipe de leurs observations

Le curé, que Latulipe avait envoyé chercher, arriva; l'inconnu en tirant sur le fil du collier de verre de Rose l'avait rompu, et se préparait à saisir la pauvre fille, lorsque le curé, prompt comme l'éclair, s'écria d'une voix tonnante:

-Que fais-tu ici, malheureux, parmi les chrétiens?

-Cette jeune fille s'est donnée à moi et le sang qui a coulé de sa main est le sceau qui me l'attache pour toujours, répliqua Lucifer.

-Retire-toi, Satan, s'écria le curé. Il prononça des mots latins que personne ne comprit. Le diable disparut aussitôt avec un bruit épouvantable en laissant une odeur de soufre dans la maison.
...
Cinq ans après, une foule de curieux s'étaient réunis dans l'église, de grand matin, pour assister aux funérailles d'une religieuse. Parmi l'assistance, un vieillard déplorait en sanglotant la mort d'une fille unique, et un jeune homme, en habit de deuil, faisait ses derniers adieux à celle qui fut autrefois sa fiancée: la malheureuse Rose Latulipe.
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Re: Contes et Légendes du Québec

Messagede Lily-Rose » Lun 22 Nov 2010 22:22

Le Rocher Panet

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« Une misérable dont la légende a étouffé le nom et la honte, avait osé vendre au démon, en échange de déshonorantes passions, son âme immortelle, et ses éternelles félicités. L'esprit impur ne parut pas satisfait du marché; il voulut aussi posséder le corps de son infortunée victime. Abusant de sa puissance, son infernale malice la jeta sur le rocher qui ne présentait pas l'aspect triste d'aujourd'hui: on eut dit une émeraude flottant sur les ondes, étalant la verdeur des arbrisseaux et les teintes de ses fleurs. Mais sitôt que le pied maudit la vint toucher, les corolles se replièrent flétries, les arbrisseaux périrent desséchés!
Depuis plusieurs semaines, semaines d'angoisse et d'épouvante, elle était là, cheveux épars, secouant des bras noircis, clamant plus fort que les vagues. Souvent dans l'exaltation et les crises de désespoir, la malheureuse se précipitait éperdue au milieu des flots, et les flots effrayés la remettaient soudain sur son rocher et s'enfuyaient d'horreur!
La paroisse entière fut le témoin atterré de ces scènes lugubres; nul ne les pouvait envisager sans frémissement, et quelques-uns moururent de convulsions de terreur. Les mères défendaient aux enfants de regarder le rocher maudit et les grandes personnes se signaient à son aspect. Le saint Curé, lui, paraissait seul ne pas savoir le fait, ni s'en émouvoir; mais dans son intention, il suppliait le ciel qu'un si exemplaire châtiment vint enraciner au fond des cœurs la répulsion et la haine du vice ignominieux.
Cependant, un jour, un groupe consterné accourut le conjurer de rendre la paix au village, en adjurant le diable de livrer sa victime et de retourner à son éternel supplice. Un instant le pasteur se recueille, lève au ciel des yeux calmes qui s'emplissent de larmes; puis joignant ses mains longues et décharnées: « J'y vais, mes enfants, dit-il; mais vous, priez, priez encore, priez toujours! » À ces mots il s'embarqua sur les vagues houleuses, guidant lui-même son esquif.
Les paroissiens échelonnés en longue file sur la rive, le front dans le sable, récitaient avec ferveur les psaumes de la pénitence. En voyant approcher d'elle la barque, la malheureuse se prit à se tordre sur le roc, poussant des hurlements à faire peur et pitié à la fois. Le prêtre cependant avait laissé l'embarcation et, pieds nus, lentement gravissait le rocher, lorsque soudain il se voit en face du hideux personnage, à l'œil enflammé, à la respiration entrecoupée; une main se crispait dans sa chevelure humide, l'autre, d'un geste menaçant montrait les flots en courroux; la lutte allait s'engager entre l'ange de Dieu et Satan invisible.
La peur circule à travers les rangs, au rivage. Par un de ces pressentiments qui lui sont habituels, le saint vieillard en est averti, et, se retournant vers ses fils, il trace un long signe de croix qui fait rugir la possédée mais rend aux enfants la confiance: ils se remettent à prier.
Le prêtre aussitôt récite avec force les foudroyantes formules de l'exorcisme auxquelles le diable terrorisé se voit contraint d'obéir en maudissant. Cette fois, il se décide pourtant à la résistance, et une scène terrible se déroule sur le rocher qui tremble d'abord, puis bondit comme un vaisseau qui va sombrer; d'affreux hurlements échappent de tous les autres, et l'infortunée, se frappant la tête contre les pierres, vomit des propos d'enfer; quand tout à coup elle disparaît au sein des flots amoncelés. Aussitôt un énorme nuage voile le ciel de noir, le tonnerre roule les échos de sa grande voix, et les éclairs agitent dans les nues des épées de feu.
Ô Dieu! venez à notre aide; Seigneur! hâtez-vous de nous secourir, criait la foule du rivage: Ô Christ, qui avez délivré Madeleine des sept démons qui tenaient son âme captive, écoutez ma prière, soupirait le blanc vieillard sur le rocher.
L'heure est à l'angoisse commune, mais le ciel exauce les vœux. Dieu, par un prodige, vient fortifier l'espérance de son serviteur. Le roc, s'amollissant comme l'argile, garde l'empreinte de son pied droit, et, au même lieu, jaillit une source pure et intarissable.
L'âme de l'apôtre, touchée d'une main invisible, se sent frémir et est inondée de douceur: Seigneur, vous lui ôterez son cœur de pierre pour lui en donner un qui soit docile; vous ouvrirez dans ses yeux la source des saintes larmes qui appellent le pardon, et son pied s'affermira dans vos voies.
Aux accents de la prière la rosée descend des cieux. Soudain une vague écumante jette aux pieds du prêtre le corps de la jeune fille. A-t-elle péri? Non, non! Un frisson secoue les membres, les paupières s'ouvrent toutes grandes et le regard s'attache au bienfaiteur; quel regard! il se baigne d'une gratitude infinie! Heureuse, elle se relève vivement et murmure une prière de foi et d'amour. Tandis que le prêtre baisse sa haute stature, et que ses cheveux blancs ombragent comme un voile pudique la tête de la pécheresse, elle fait les aveux du repentir. Aux premières larmes qui jaillissent de ce cœur renouvelé, le ciel reprend ses teintes d'azur, le soleil déverse des gerbes lumineuses, et le rocher et les deux personnages paraissent, comme nimbés d'or: les anges voient la main du prêtre se poser pour effacer les dernières taches d'une honte qui n'est plus.
Là-bas, sur la rive, les larmes coulaient réconfortantes. Et lorsque la lionne rugissante, devenue brebis docile, se mit à suivre pas à pas le pasteur, un long cri de triomphante admiration jaillissant de toutes les poitrines, alla expirer jusqu'au rocher.
Un siècle a passé, et les paroissiens de l'Islet, sauvegardent de l'oubli, dans un souvenir fait de respect et d'admiration, la vie et l'œuvre du héros de ce drame. Sa mémoire survit dans l'appellation du rocher qu'ils vous montrent: le Rocher Panet.
Ô prodige! l'oeil du touriste aperçoit encore la mystérieuse empreinte; sa main puise à la source qui n'a pas tari: est-ce une attestation d'en haut en faveur du saint Curé? Si la foi antique semble trop crédule, n'est-elle pas la sève qui alimente dans les foyers chrétiens, la simplicité des mœurs pures, la verdeur des pratiques religieuses, la floraison des vertus, la maturité des oeuvres charitables? Que Dieu protège et développe une foi vigoureuse dans ces âmes chrétiennes, tendres et fortes! Que leur piété place encore, dans un coin de la plus belle armoire, à côté de l'Évangile et de l'Imitation, l'urne traditionnelle: Eau du Rocher Panet ! »
Le monde semble sombre quand on a les yeux fermés. (proverbe indien)
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Lily-Rose
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