Un chercheur veut transformer des poussins en dinosaures

Le paléontologue Hans Larsson.
Agence France-Presse Montréal
Un paléontologue montréalais qui a passé des années à chercher des animaux préhistoriques fossilisés voudrait maintenant en créer des vivants en manipulant génétiquement des poussins, a-t-il annoncé mardi à plusieurs médias dont l'AFP.
Hans Larsson, de la Chaire de macro-évolution à l'Université McGill de Montréal, compte tenter de reproduire chez les gallinacés des traits caractéristiques de dinosaures disparus il y a des millions d'années, grâce à des manipulations génétiques d'embryons de poussins.Cette recherche n'en est qu'à ses balbutiements, a-t-il reconnu dans une interview à l'AFP, mais elle pourrait conduire un jour à produire des reptiles préhistoriques vivants. Cependant M. Larsson affirme avoir renoncé à une telle ambition pour des raisons éthiques et pratiques.
Construire un incubateur pour dinosaures «serait une trop vaste entreprise», dit-il.
Son objectif est d'offrir une «illustration de l'évolution».
«Si je peux démontrer clairement que le potentiel pour le développement de traits anatomiques des dinosaures existe chez les oiseaux, cela prouvera à nouveau que les oiseaux descendent directement des dinosaures», explique le savant qui a consacré dix ans de recherche à l'évolution des oiseaux.
Plusieurs organismes scientifiques canadiens et le groupe National Geograhic ont accepté de financer son projet, dont l'idée lui est venue lors de discussions avec un paléontologue américain connu, Jack Horner, par ailleurs conseiller technique du film Jurassic Park.
Horner a écrit récemment un livre intitulé «Comment construire un dinosaure», où il cite les expériences sur les embryons de poussins parmi les tentatives de créer un «poulosaure».
Premiers embryons hybrides humains animaux

Les députés britanniques viennent d’autoriser les scientifiques à créer des “chimères” c’est à dire des embryons hybrides, possédant deux ou plusieurs génotypes distincts. Ils seront donc issus de l’intégration d’ADN humain dans des ovules d’animaux et dédiés à la recherche médicale. Le texte doit passer devant la Chambre des Lords. Il pourrait entrer en vigueur en novembre. Selon le projet de loi, ces embryons ne doivent pas être implantés dans l’utérus d’une femme. L’Eglise catholique et des députés de l’opposition conservatrice avaient dénoncé des expériences à la Frankenstein.
Selon les chercheurs, ces embryons ne serviraient qu’à la recherche médicale et seraient détruits au 14e jour de développement. Les groupes religieux s’opposent à ce projet, mais les chercheurs assurent qu’il faciliterait la recherche et permettrait de faire un pas de géant dans la compréhension de plusieurs mécanismes biologiques et de soigner des maladies génétiques.
Le texte autorise aussi, la création de “bébés médicaments”, destinés à la recherche de solutions pour des maladies génétiques chroniques. Enfin, il facilite l’accès à la fécondation in-vitro, pour les lesbiennes et les femmes célibataires. La Grande-Bretagne accentue sa distinction du reste de l’Europe ou des États-Unis, en permettant aux scientifiques des expériences interdites ailleurs. Quand la réalité rattrape la science-fiction…
L’Américain Francis Fukuyama a soutenu que, « d’ici les deux prochaines générations, les biotechnologies nous donneront les outils qui nous permettront d’accomplir ce que les spécialistes d’ingénierie sociale n’ont pas réussi à faire. A ce stade, nous en aurons définitivement terminé avec l’histoire humaine, parce que nous aurons aboli les êtres humains en tant que tels. Alors commencera une nouvelle histoire, au-delà de l’humain (Le Monde, 17 juin 1999)» ?
Nos sociétés osent à peine se l’avouer. Une indicible frayeur commence à les hanter : l’espèce humaine va-t-elle faire l’objet d’un usinage en règle ? Avec recours massif aux biotechnologies lourdes ? Pour fabriquer des Pokémon humains ou transhumains ? Allons-nous vers une invasion des HGM : des hommes génétiquement modifiés… ?




